Le VIH-SIDA a été retenu parmi les principaux
thèmes à débattre dans la 9ème Edition du Congrès National des
Droits de l’Enfant.
La table ronde a été présidée par le Pr.
Amina EL MALKI TAZI, Vice Présidente de l’Observatoire National des Droits de
l’Enfant et co-présidée par Dr. Jaouad MAHJOUR, Directeur de l’Epidémiologie et
de lutte contre les maladies et Pr. Noufissa BENCHEMSI, Directeur du centre
national d’hématologie et de transfusion sanguine.
La méthodologie a alterné présentation et
discussion en plénière.
La Pandémie Sida est une menace grave qui pèse sur la sécurité humaine.
L’ampleur de l’épidémie Sida dépasse de loin les projections les plus
pessimistes faites en 1990.
A
la fin des années 2000, la pandémie Sida avait fait 22 Millions de morts dans
le monde, l’espérance de vie a chuté de 20 ans dans les pays les plus touchés.
Les taux de mortalité des nourrissons se sont remis à augmenter.
Le profit social des victimes du Sida se modifie et la maladie touche
de plus en plus de
jeunes, d’analphabètes, de pauvres et de femmes.
Les adolescents sont au premier rang des
personnes nouvellement infectées.
De milliers de jeunes sont séropositifs.
Chaque minute, 6 jeunes de moins de 25 ans
contractent le virus du Sida
Chez les
enfants de moins de 15 ans :
·
600.000
nourrissons infectés chaque année
·
580.000
décès dus au Sida en 2001
·
880.000
infectés en 2001
·
2.700.000
vivants avec le VIH. SIDA (sur les 40M d’adultes)
·
4.300.000
décèdes depuis le début de l’épidémie.
·
13.200.000
orphelins du Sida
C’est en Afrique Sud saharienne que la
séroprévalence de la maladie est la plus forte, propagation rapide du virus en
Asie et en Europe orientale. Toutes les régions du monde connaissent une
augmentation du nombre de personnes contaminées.
L’Afrique du Nord et le moyen orient semblent
peu touchés, il n’en reste pas moins
que dans la région 220.000 cas ont été déclarés en 2000 et 440.000 cas en 2001,
(le nombre de cas a doublé en un an)
Le Maghreb reste une zone à fréquence diminuée, mais depuis quelques
années le nombre augmente de façon plus rapide, et les femmes sont de plus en plus atteintes, en effet le sexe
ratio qui était à 5 au début avoisine actuellement 1.
Au Maroc, le nombre cumulé de cas
de Sida maladie déclarés depuis le début de l’épidémie au 31 mars 2002 est de
978 dont 65% masculins et 35 %
féminins, les enfants de moins de 15 ans représentent 3%, les adolescents et
les jeunes (15 – 29 ans) représentent 25%
Il est à noter que l’évolution du nombre de cas de Sida depuis 1991 est
2,5 fois plus élevée (x 2,5),
que la séroprévalence VIH chez les donneurs de sang est de 0,016% et qu’elle
est 10 fois plus grande chez les jeunes délinquants.
Recommandations :
En
plénière, un certain nombre de
recommandations ont été élaborées par les participants pour renforcer la
prévention du VIH-SIDA chez l’enfant et les adolescents, dont les principales
sont comme suit :
1.
Renforcer le
partenariat entre les institutions qui oeuvrent dans le domaine de la lutte
contre VIH-SIDA
2.
Assurer le
développement institutionnel
3.
Coordonner les
actions menées par tous les partenaires à l’échelon national (Comité National
de Lutte contre le SIDA)
4.
Impliquer les ONG dans la planification des
activités de lutte contre le VIH/SIDA
5.
Mettre en place
des programmes de sensibilisation des parents en matière de prévention du
VIH/SIDA (Association des parents d’élèves).
6.
Mettre en place
des programmes de formation au profit
des éducateurs et des enseignants en matière de prévention du VIH/SIDA.
7.
Faire
participer les adolescents, et obtenir que leurs besoins figurent parmi les
priorités de tous les intervenants dans ce domaine.
8.
Mettre les groupes vulnérables au centre de
l’action du Programme National de Lutte contre le SIDA et des ONG.
9.
Développer les centres de dépistages anonymes
et gratuits à travers l’ensemble des provinces du pays.
10.
Renforcer le
dépistage anonyme et gratuit des femmes enceintes en vue de leur prise en
charge pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant.
11.
Assurer la
prise en charge psychosociale des
enfants atteints et des enfants orphelins du SIDA.
12.
Intégrer
l’éducation sexuelle dans le cadre de
l’éducation Nationale
13.
Renforcer le pouvoir de négociation de la
femme et de la jeune fille
14.
Renforcer la lutte contre la violence
sexuelle chez les enfants.
15.
Obtenir et
mettre eu œuvre des plans de financement pour lutter contre le VIH – SIDA
16.
Disposer de
médicaments antiretroviraux (générique) pour traiter tous les malades
Objectifs et
engagements fixés à la 27ème session extraordinaire de l’Assemblée
Générale consacrée aux enfants New York 8-10 mai 2002
Objectifs
● Améliorer les conditions de vie et les chances de survie des enfants en
facilitant l’accès aux services de santé pour les femmes et les enfants et réduire
la propagation des maladies évitables
● Renforcer les chances de bénéficier d’une
éducation, assurer un meilleur assainissement et une meilleure alimentation et
protéger les enfants en situation de danger tels que les conflits armés
Résultats
attendus :
● Le meilleur départ possible dans la vie pour tous les enfants
● Une éducation de base de bonne qualité pour tous les enfants
● La possibilité, pour les enfants et particulièrement les
adolescents, de participer pleinement à la vie de leur société.
Le plan
d’action adopté au sommet mondial pour les enfants avait prévu que la pandémie
de VIH Sida pouvait réduire à néant les progrès accomplis en matière de survie,
de protection et de développement de l’enfant dans les pays les plus gravement
touchés mais il était difficile, en 1990, d’imaginer l’ampleur du désastre
qu’entraînerait la pandémie.
Pour lutter contre l’incidence dévastatrice du VIH Sida sur les enfants
nous sommes résolus à prendre d’urgences des mesures agressives et à accorder
une attention particulière aux objectifs et engagements ci-après :
·
réduire de 25 %
d’ici à 2005 la séroprévalence parmi les jeunes des deux sexes de 15 à 24 ans
dans les pays les plus touchés et de 25 % à l’échelle mondiale d’ici à 2010
·
réduire de 20%
d’ici à 2005 et de 50% d’ici à 2010 la proportion d’enfants infectés par le
VIH :
v en faisant en sorte que 80% des femmes
enceintes qui reçoivent des soins prénatals aient accès à des services
d’information, de conseils et d’autres services de prévention du VIH Sida
v en augmentant les services de traitement
efficace disponibles pour réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant
v en assurant aux femmes séropositives et à
leurs enfants
- l’accès à ces services y compris des
services de conseils confidentiels et de dépistage volontaire
- l’accès aux traitements, en particulier aux
thérapies antirétrovirales
- la fourniture de substituts du lait
maternel et la prestation de soins continus
·
Formuler d’ici
à 2003 et exécuter d’ici à 2005 des politiques et stratégies nationales pour
mettre en place et renforcer aux niveaux gouvernemental, familial et
communautaire des capacités pour créer un environnement favorable aux orphelins
et aux garçons et filles séropositifs et touchés par le VIH Sida (services de
conseils et d’appui psychosocial appropriés, l’inscription dans les écoles,
l’accès au logement, à une bonne nutrition, aux services de santé et services
sociaux au même titre qu’aux autres enfants), protéger les orphelins et les
enfants vulnérables de toutes les formes de sévices, d’exploitation, de
discrimination…
Stratégies et
mesures à mettre en œuvre
·
d’ici à 2003,
assurer à la formulation et la mise en œuvre de stratégies nationales
multisectorielles et de plans de financement pour lutter contre le VIH Sida
·
faire en sorte
que d’ici à 2005, au moins 90% et d’ici 2010, au moins 95 % des jeunes des deux
sexes âgés de 15 à 24 ans aient accès à l’information, à l’éducation
·
d’ici à 2005,
élaborer des stratégies de soins globales pour renforcer les soins axés sur la
famille et la communauté
·
d’ici à 2005,
mette en œuvre des mesures propres à renforcer les capacités des femmes et des
adolescents de se protéger du risque de l’infection au VIH
·
d’ici à 2003,
formuler et /ou renforcer des stratégies, politiques et programmes qui
reconnaissent l’importance de la famille dans la réduction de la vulnérabilité
notamment dans l’éducation et l’orientation des enfants
·
d’ici à 2003, élaborer
et commencer à exécuter des stratégies nationales pour intégrer la
sensibilisation, la prévention, les soins et le traitement en matière de VIH
Sida aux programmes ou aux mesures visant à faire face aux situations
d’urgence.
·
Veiller à ce
que les victimes du VIH SIDA ne fassent pas l’objet de traitements
discriminatoires et jouissent pleinement, sur un pied d’égalité, de tous les
droits humains
·
Exhorter la
communauté internationale à épauler les pays en développements et à suppléer
aux efforts qu’ils consentent lorsqu’ils augmentent les fonds nationaux
consacrés à la lutte contre l’épidémie de VIH Sida
Conclusion
Le VIH SIDA a des effets dévastateurs sur les individus, les familles,
les collectivités, les possibilités économiques et la capacité des institutions
étatiques.
C’est une menace au droit à la vie, à la dignité humaine à un niveau de
vie correct.
C’est
une menace à la sécurité humaine qui impose de prendre des mesures concrètes de
la part de tous les concernés : organismes gouvernementaux, société
civile, secteur privé.